Cette notice reprend, avec l'aimable autorisation de sa source, le texte du Maîtron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier : notice « LYS Josef, Herez » par Daniel Grason, maitron.fr/spip.php?article137438, mise en ligne le 18 août 2011, dernière modification le 3 mars 2022.
Josef Herez Lys naît le 10 juin 1913 à Brok, en Mazovie polonaise. Tailleur de profession, volontaire des Brigades internationales pendant la guerre d'Espagne, il rejoint ensuite le 11e régiment étranger d'infanterie à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, avant d'être arrêté comme ancien brigadiste, déporté à Buchenwald, et libéré en 1945.
L'Espagne, puis le 11e REI
Fils de Chaïm — ou Olek — et d'Hélèna, née Jeleniez, Josef Lys combat en Espagne dans les Brigades internationales. Il entre en France en mai 1938, sans passeport. À la déclaration de la guerre, il est incorporé dans le 11e régiment étranger d'infanterie. Fait prisonnier par les Allemands fin mai 1940, il est libéré le 18 janvier 1941 ; deux jours plus tard, la sous-préfecture de Reims, dans la Marne, lui délivre un certificat de libération.
Paris, sous l'Occupation
Il vient ensuite habiter à Paris, au 32 rue des Amandiers, dans le 19e arrondissement, où il vit avec son amie Chawa Aksébrad, née le 20 octobre 1911 à Polavy, en Pologne, de confession juive. Il est titulaire d'une autorisation de séjour délivrée le 31 janvier 1941, prolongée tous les trois mois. Tailleur de profession, il peine à vivre de son métier ; son amie est femme de ménage.
L'arrestation et la déportation
Les autorités d'occupation demandent à la préfecture de police d'établir une liste des anciens brigadistes ayant combattu en Espagne. Cette liste, dressée par la 3e section des renseignements généraux, est prête le 19 septembre 1941. Le conseiller Karl Boemelburg, commandant SS-Sturmbannführer à la tête de la Sipo et de la Gestapo sur le territoire français, décide alors d'une opération d'ensemble dans le département de la Seine. Elle se déroule le 24 décembre 1941 : Josef Lys est arrêté à son domicile par un inspecteur de la police judiciaire. Il est interné à la caserne des Tourelles, dans le 20e arrondissement, puis transféré au camp de Rouillé, dans la Vienne.
Le 6 mai 1943, il est conduit au camp de Compiègne, dans l'Oise. Le 25 juin 1943, il prend la direction du camp de concentration de Buchenwald, en Allemagne, où il arrive quarante-huit heures plus tard. Le convoi compte neuf cent quatre-vingt-dix-neuf hommes ; plus de 40 % d'entre eux n'en reviendront pas.
Sa fiche d'internement le décrit comme un tailleur de 1,58 m, de corpulence trapue, aux yeux bleus et aux cheveux blonds, parlant polonais et français — détenu politique polonais, sans antécédent judiciaire. Josef Lys, matricule 14688, est libéré par les troupes américaines le 24 avril 1945.
L'après-guerre
En 1948, Josef Lys obtient la nationalité française. En 1958, il s'adresse au ministère des Anciens combattants et victimes de guerre pour obtenir une carte de déporté politique.
À propos du Maîtron
Cette notice n'a pas été rédigée pour ce site : elle provient intégralement du Maîtron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, dirigé par l'historien Jean Maitron jusqu'à sa mort en 1987, puis par son successeur Claude Pennetier. D'autres anciens légionnaires du 11e REI y possèdent également une notice ; certains sont par ailleurs à rechercher dans le Dictionnaire des fusillés. Selon Claude Pennetier, ce dictionnaire est « composé à la fois de biographies importantes, scientifiquement établies, et de notes plus courtes qui gardent la mémoire d'un nom ». Le site du Maîtron est consultable à l'adresse maitron.fr.
Source
- Daniel Grason, notice « LYS Josef, Herez », Le Maîtron, maitron.fr/spip.php?article137438, mise en ligne le 18 août 2011, dernière modification le 3 mars 2022
Mise à jour : 11/08/2026