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Compagnie d'Accompagnement n°2 (CA2)

Effectif recensé : 154 légionnaires
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Une compagnie d'accompagnement a pour but d'accompagner les compagnies de fusiliers-voltigeurs à l'échelon du bataillon. Elle dispose d'un équipement plus lourd que les autres compagnies, composé théoriquement de :

Elle est composée de 6 sections :

Section de commandement (2 groupes)

4 sections de mitrailleuses (chacune)

1 section d'engins (mortiers de 81 et canons de 25)

La compagnie d'accompagnement porte le numéro du bataillon dont elle fait partie. Les sections de la CA2 sont donc ventilées selon les besoins au sein du 2e bataillon, entre le PC du bataillon et les 5e, 6e et 7e compagnies.

Encadrements successifs, de la mobilisation au 23 juin 1940

11/09/1940 — CMI 145, Sathonay

Le 11/09/1940, encadrement de la CA2 au CMI 145 à Sathonay : capitaine Lanchon, lieutenant Picquart, 2 lieutenants (un du 1er RTA et l'autre du 3e RTA), lieutenant Jabouille.

Dans l'ordre de bataille du régiment, un capitaine commande une compagnie et les lieutenants sont chefs de section. Pour la CA2 : commandant la compagnie, capitaine Brochet ; 3 sections de mitrailleuses, lieutenants Jabouille et Viel, sous-lieutenant Egloff ; 1 section d'engins, lieutenant Picquart.

6/11/1940

Le 6/11/1940, le capitaine Urvoy de Closmadeuc — qui occupait les fonctions d'adjudant-major au 2e bataillon — remplace le capitaine Brochet, qui devient officier adjoint au bataillon.

Récit de campagne, avril–juin 1940

Ce récit s'appuie sur le journal de marche de la compagnie (extraits tenus par le capitaine de Closmadeuc puis le lieutenant Viel) et sur trois rapports rédigés après la captivité par le sergent-chef Haim, le sergent-chef Mincer et le sergent-chef Houille.

Avril–mai 1940 : vie de garnison et montée en ligne

Du 16 avril au 10 mai, la CA2 (284 hommes présents le 16 avril) alterne corvées pour le Génie, ravitaillement sur Metz et exercices autour de Boulay et Volmerange. Le 29 et le 30 avril, la compagnie participe aux défilés de la fête de Camerone.

Le 10 mai au matin, une forte activité de l'aviation ennemie et une alerte générale annoncent l'attaque allemande sur la Belgique. Les préparatifs de départ révèlent le dénuement de l'unité : la compagnie n'a ni caissettes de mitrailleuses ni transport de munitions de 81 et de 25, il manque des culottes et des bandes molletières, et aucun savon n'a été distribué depuis le début des opérations.

La CA2 quitte Volmerange dans la nuit du 14 mai, puis enchaîne les étapes à marche forcée — Laquenexy, Corny (32 km en une nuit), Xonville — jusqu'au débarquement à Bréhéville le 18 mai. Une ligne d'arrêt y est occupée avant un nouveau déplacement de nuit vers le bois Brûlé, atteint le 21 mai : la compagnie y fait connaissance avec l'artillerie ennemie.

22–26 mai : premières pertes au bois d'Inor

Le 22 mai à 1 heure, la relève est faite dans le secteur du bois d'Inor : la 4e section et le groupe Haim avec la 5e compagnie, la 3e section avec la 6e compagnie, la 2e section et le groupe Moran avec la 7e compagnie, en liaison avec les tirailleurs du 21e RTA.

À 2h30, l'engagé volontaire Musca est le premier tué de la compagnie, par un éclat d'obus. À 14 heures, huit hommes sont blessés au PC par l'artillerie — Dubois André (caporal infirmier), Migeotte, Davidson, Kitovenko, Moussier, Gueguen, Polleux — et le légionnaire Colen, blessé à 12h30, meurt de ses blessures au GSD à 16h30. Le légionnaire Del-Rey a disparu.

Les 23 et 24 mai, l'artillerie et les escarmouches se poursuivent ; le légionnaire Danneskjold est tué à son poste téléphonique. Le 26 mai, Karpinski est blessé et le médecin-auxiliaire Fitsch est affecté à la compagnie.

27 mai : le jour le plus dur

Une forte attaque allemande frappe la 5e compagnie, qui subit une brèche dans son dispositif. Le capitaine de Closmadeuc part avec une poignée de légionnaires de la CA2 et se fait tuer en entraînant ses hommes. Varache (Marcel Élie Étienne), en voulant relever son capitaine, est blessé — il mourra de ses blessures le lendemain, 28 mai, à Ancemont.

Le capitaine Brochet, avec le reste du PC, va relever le corps de Closmadeuc. Avec le lieutenant Picquart, il tente de colmater la brèche : Picquart est blessé, le légionnaire Brenholdt (Holger Vilhem Kristian, de Copenhague) est tué. Brochet repart à l'attaque avec les éléments de la 5e section et des PC, et est blessé à son tour. Closs et Loubli sont tués par éclats d'obus ; le sergent-chef Navarro, les légionnaires Ostrowski, Desmet, Kiss et Vasseur sont blessés. Le légionnaire Zibrowski se distingue une fois de plus à la grenade. Branecki, Champagnon et le caporal-chef Werren sont blessés ; le sergent Giron est blessé par obus au PC du bataillon.

L'adjudant-chef Egloff, parti avec la compagnie Jayet, est blessé grièvement après un combat héroïque. Le groupe Haim tient bon — le sergent-chef Haim et le légionnaire Hudec s'y distinguent particulièrement. L'adjudant Marchetti (Virgilio Francesco Carlo « Robert », 07/11/1899 — Montaldo Scarampi, Italie) et le sergent-chef Houille doivent se replier « la mort dans l'âme », mais réoccupent leurs emplacements deux heures plus tard. La section Suhlfleisch et le groupe Viel contiennent l'attaque vers la 7e compagnie ; le sergent Moran, en tirant 2000 cartouches sans interruption, permet à cette dernière de redresser une défaillance. Le lieutenant Viel, prenant le commandement de deux groupes de voltigeurs, réoccupe l'emplacement d'un groupe qui avait lâché pied, puis prend le commandement de la compagnie à 11h30.

De 13 à 17 heures, le sergent Barbier tire 300 obus de mortier au profit de la 5e compagnie ; à 18h30, avec 12 hommes, il rétablit la liaison avec le capitaine Jayet pour tenir le front de la 5e compagnie. La situation est rétablie à 20h30.

Le bilan de la journée : le capitaine de la compagnie tué, le capitaine adjoint au bataillon blessé, un lieutenant blessé, un adjudant-chef très grièvement blessé, un sergent-chef et un sergent blessés, un caporal nommé à titre posthume (le légionnaire Closs), deux tués et sept blessés au combat — auxquels s'ajoutent quatre muletiers blessés à l'arrière avec les équipages (Camp, Almagro, Ledocte, Pioro). Le caporal Zipzener et le 2e classe Prepoignot ont disparu en contre-attaquant avec le capitaine Brochet ; le brancardier Rizzo a disparu après un bombardement.

28–31 mai : repli

Le 28 mai à 4h45, l'ordre de repli est reçu ; la compagnie s'installe au bois du Pèlerin. Culeq est blessé, le légionnaire Tyger est tué par accident au bois Brûlé avec les muletiers, et Devignon a disparu. Le 29 mai, Jenne est tué ; Billard, Salvador et le sergent Besson sont blessés par obus. Les 30 et 31 mai sont calmes.

1er–17 juin : nouvelle ligne, puis la longue retraite

Début juin, la CA2 organise ses positions au sein du 2e bataillon (S.M.1 au PC du bataillon, S.M.2 avec la 6e compagnie, S.M.3 avec la 7e, S.M.4 avec la 5e), puis remonte en première ligne dans la nuit du 7 au 8 juin. Le 10 juin, un tir de mortiers sous le commandement du lieutenant Viel attire une violente riposte ennemie ; le soir même, l'ordre est donné d'abandonner les positions.

S'ensuit une retraite de plusieurs jours à travers la Meuse — le matériel est arraché aux positions à bras d'hommes, faute de moyens de transport, tandis que les légionnaires jettent le linge inutile pour emporter le maximum de munitions. La colonne traverse Verdun de nuit, sous l'incendie des dépôts de munitions ; devant l'ossuaire, le passage se fait dans un silence que le sergent-chef Mincer qualifiera de la pause « la plus impressionnante » de tout son service. La marche se poursuit par Saint-Mihiel, Commercy, Void, jusqu'aux abords de Saint-Germain-sur-Meuse le 17 juin. Ce jour-là, des soldats d'autres corps, en déroute, tentent de pousser des légionnaires à jeter les armes : ils sont abattus à bout portant. Le sergent Barbier est blessé par l'un d'eux.

Nuit du 17 au 18 juin : l'embuscade de Void

À minuit, les officiers apprennent la situation réelle et un détachement de volontaires est formé pour tendre une embuscade à l'ennemi près du pont de Void : le chef de bataillon d'Alegron (commandant le 2e bataillon), le capitaine Magne (6e compagnie), le lieutenant Coubard (6e compagnie), les sergents-chefs Heil, Schmidt et Mincer, chacun avec quinze hommes, rejoints en route par l'adjudant Romanovitch (6e compagnie). À environ 1 km du pont, la fusillade éclate : le commandant d'Alegron et le capitaine Magne sont tués en quelques instants. Le lieutenant Viel, arrivé en chenillette pour récupérer le corps du commandant, est tué à son tour.

18 juin : Ourches et Saint-Germain-sur-Meuse

À 6 heures, la 1re section (sergent-chef Haim) est envoyée en renfort de la 5e compagnie (capitaine Lanchon) sur les hauteurs au nord-ouest d'Ourches. Dès 7 heures, les Allemands tentent de déboucher de la forêt de Void ; repoussés trois fois, ils installent mortiers et batteries de 77 et soumettent la position à un tir direct continu. La section de Haim perd plus de la moitié de son effectif dans la matinée.

À 13h30, le capitaine Lanchon (5e compagnie) vient encourager ses hommes ; quelques instants après, un obus le frappe de plein fouet — seul son casque sera retrouvé. Le même obus ampute deux agents de transmission, l'un de la jambe gauche, l'autre de la droite. Le lieutenant Jabouille, qui commandait la 3e section, est tué le même jour.

À 14 heures, l'ordre de repli parvient par le caporal-chef Bedrich. En commandant le repli de sa section, le sergent-chef Haim reçoit un éclat qui lui brise le pied gauche ; recueilli par des brancardiers du 21e RTA, il ne peut être évacué et est fait prisonnier à l'ambulance le 19 juin.

Après la mort de Viel et de Jabouille, le sergent-chef Houille prend le commandement de ce qui reste de la CA2. Le bilan est sévère : la S.M.1 (Haim) est en grande partie détruite, la S.M.2 (Suhlfleisch) dispersée vers Blénod-lès-Toul, la S.M.4 anéantie (matériel détruit, personnel tué ou blessé), seule la S.M.3 (sergent-chef Mincer) reste au complet, en batterie avec le 3e bataillon.

19–23 juin : dispersion et reddition

Le sergent-chef Mincer, séparé du gros de la compagnie dès le 18 juin, erre plusieurs jours avec une poignée d'hommes à la recherche du régiment — Saint-Firmin, Vézélise — avant de se mettre, faute de nouvelles, à la disposition du 14e groupe de reconnaissance de division d'infanterie (G.R.D.I.), qui l'accueille en subsistance du 20 au 23 juin sur la colline de Sion-Vaudémont.

Le sergent-chef Houille rassemble à Rigny une vingtaine de légionnaires de la CA2 et une trentaine des 5e et 6e compagnies, avant de se replier sur Blénod puis sur le fort de Blénod, sous les ordres du commandant Gaultier (commandant le 3e bataillon) puis du colonel Robert (commandant le 11e REI). Le 21 juin, le lieutenant Forget prend le commandement d'un dernier détachement de 25 gradés et légionnaires. Le 22 juin, vingt volontaires par bataillon sont appelés pour un « baroud d'honneur » pendant que se négocie une convention de reddition ; à 20 heures, l'ordre est donné de ne pas chercher à échapper à la captivité, pour raison d'honneur.

Le 23 juin, les armes sont détruites et la reddition a lieu à Toul. Sur la colline de Sion, le sergent-chef Mincer doit lui aussi rendre les dernières pièces de la CA2 — sur ordre du capitaine de Chazelle (8e G.R.C.A.) — et il rend volontairement inutilisable le fusil-mitrailleur qui l'avait sorti sain et sauf de l'embuscade du 18 juin, refusant qu'il serve plus tard « de l'autre côté ».

Effectif

Selon des extraits du JMO de la CA2, la compagnie d'accompagnement du 2e bataillon compte environ 280 personnes, dont 7 officiers, 20 sous-officiers, 28 caporaux et caporaux-chefs, et 229 légionnaires. Le 23/06/1940, il ne reste plus que 25 légionnaires à la CA2.

Sources du récit de campagne

Carnet de l'effectif (154 fiches)

Chaque fiche du carnet est un résumé — cliquez « Voir la fiche complète » pour tous les détails (captivité, citations, sources...).