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5e Compagnie

Effectif recensé : 180 légionnaires
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Liste des officiers, sous-officiers et légionnaires de la 5e compagnie, établie à partir des souvenirs du lieutenant Hervé Chevillotte, chef de section à la batterie saharienne portée de Légion, qui appartint à la 5e compagnie du 6 novembre 1939 au 22 juin 1940. On retrouve certains de ces légionnaires dans les listes des morts pour la France et des engagés volontaires pour la durée de la guerre (EVDG) sur le site Mémoire des hommes ; d'autres apparaissent dans les listes officielles des prisonniers de guerre. Il est ainsi possible, pour certains d'entre eux, de connaître prénom, date et lieu de naissance.

Officiers de la 5e compagnie

Capitaine Lanchon

Commandant la compagnie : capitaine Lanchon, né Lefebvre Louis Charles (15/07/1897 — Paris, France), grade capitaine (R). Mort le 18/06/1940 à Ourches-sur-Meuse.

Chef de section : lieutenant Rabin Félix (21/04/1901 — Pouancé, France), muté en février au dépôt de Sathonay puis au Barcarès.

Sous-lieutenant Bertot

Chef de section : sous-lieutenant Bertot Alfred (réserve), prisonnier le 23 juin.

Sous-lieutenant Metman

Chef de section : sous-lieutenant Metman Henry Jules, né le 27/02/1908 à Guernesey, tué le 26/05/1940 à Malandry. « Excellent officier d'une rare valeur morale. Est tombé mortellement frappé, le 26 mai 1940, au cours d'un engagement aux environs de Malandry. » Croix de guerre avec palme.

Chef de section : lieutenant Coquet Jacques (28/10/1911 — Reims, France), prisonnier (liste du 04/12/1940), Stalag VI A puis Oflag VI A.

Récit de campagne

Ce récit s'appuie sur le journal de marche de la 5e compagnie (capitaine Lanchon), celui du 2e bataillon (chef de bataillon d'Alegron), la fiche établie après-guerre par le lieutenant Chevillotte, et le rapport du caporal-chef Bedrich sur les circonstances de la mort du capitaine Lanchon.

Formation et premiers mois

Le régiment est créé à La Valbonne vers le 1er novembre 1939, composé de 2 000 légionnaires d'Afrique du Nord, 500 réservistes ayant déjà servi à la Légion et 500 engagés volontaires. Affecté à la 1re D.I.M. pour sa première montée en ligne en janvier 1940, il passe début avril à la 6e D.I.N.A. La 5e compagnie monte aux avant-postes dès la nuit du 1er janvier 1940, y reste cinq jours sans incident si ce n'est quelques évacuations pour pieds gelés, puis alterne repos, travaux sur la ligne Maginot et nouvelles montées en ligne jusqu'à la mi-mai.

Le 30 avril 1940, toute la garnison de Boulay assiste à la remise du drapeau au 11e REI par le colonel Robert, suivie de la lecture du récit du combat de Camerone.

14–21 mai : la montée vers le front

À partir du 14 mai, la compagnie enchaîne les étapes à marche forcée — Volmerange, Laquenexy, Corny, Xonville, Bréheville — avant d'arriver le 21 mai au bois d'Inor, où elle relève des éléments du 15e RTA très éprouvés par de durs combats. Elle prend position en liaison avec le 21e RTA à gauche et le 1er bataillon à droite.

22–26 mai : premières pertes au bois d'Inor

Dès le 22 mai à 3 heures, de vifs engagements de contact ont lieu ; la section Bertot prend une mitrailleuse à l'ennemi et la section Coquet fait un prisonnier allemand. Le 23 mai, le légionnaire Meyer « Suzanne » est tué d'une balle au cœur, Mecca est blessé au pied. Le 24 mai, Carman et Menchi sont tués à leur poste par éclats d'obus à 8h30 ; Nebotte et Say sont blessés à la même heure ; Mouret et Seifert sont tués à leur poste vers 16h30 ; le légionnaire Ferrer a la main droite arrachée par éclats de grenade.

Le 26 mai vers 0h10, l'adjudant-chef Metman est tué d'un éclat de grenade au cœur, en se portant en avant de son poste pour observer une patrouille ennemie signalée par un de ses légionnaires.

27 mai : la compagnie décimée

À 3 heures du matin, l'ennemi déclenche une très violente préparation d'artillerie, suivie d'un assaut à 4h45. La section Derly, au centre du dispositif, est enfoncée vers 8h30 : son chef, le sergent Derly, disparaît — tué ou fait prisonnier. Débordé de toutes parts, le groupe se replie sur le groupe Hallermeyer, lui-même bientôt débordé sur 300 mètres, qui se retire à son tour vers le PC du capitaine.

Les éléments se reforment 250 mètres en arrière, où ils retrouvent le groupement du capitaine Brochet et du lieutenant Picquart, à l'endroit même où le capitaine de Closmadeuc (CA2) venait d'être tué. Picquart est blessé à son tour ; à court de munitions, le groupement se replie vers une clairière près du PC du bataillon. Pendant ce temps, la section Chevillotte et la section de mitrailleuses Marchetti (Virgilio Francesco Carlo « Robert ») s'organisent en point d'appui à gauche de la compagnie, en liaison avec le lieutenant Blot (6e compagnie) ; à droite, les sections Lhotel et Bertot, aidées du groupe de mitrailleuses Haim, tiennent leurs positions malgré un feu violent.

Dans la clairière, le capitaine Brochet organise une contre-attaque, renforcée par la section Sautour (Henri Frédéric, sous-lieutenant, 1ère compagnie) du 1er bataillon ; il est blessé à son tour, et le capitaine Lanchon prend le commandement de la progression, malgré un violent tir d'artillerie. La compagnie Jayet (Louis Charles Marie, 9e compagnie) vient à la rescousse vers le premier objectif. Vers 13 heures, les postes Marchetti, Chevillotte et Hallermeyer, ainsi que le PC de la compagnie, sont réoccupés — mais le poste Derly, où les Allemands se sont solidement retranchés, résiste malgré l'appoint de la section Sautour. Le lieutenant Sautour, l'adjudant-chef Egloff (venu prendre le commandement de la section Derly en l'absence de Metman) et l'adjudant-chef Gorski (9e compagnie) sont blessés ; tous les autres sous-officiers de ce secteur sont tués.

Pour la nuit, la ligne est rétablie 150 mètres en arrière de l'ancienne position d'avant-postes. Cette seule journée coûte à la compagnie 6 tués, 29 blessés et 4 disparus : les caporaux Moriame et Maurin, les légionnaires Mataro, Comi, Horak et Bussière sont morts pour la France ; le sergent Derly, ainsi que Kotchi, Gonzales Théodore et Dudek, restent portés disparus.

28 mai – 17 juin : repli, ligne d'arrêt, remontée en ligne

La nuit du 27 au 28 mai est calme. Le 28 mai à 6 heures, l'ordre de repli sur la ligne d'arrêt arrive ; la compagnie s'y installe et y reste jusqu'au 5 juin, où elle remonte en premières lignes jusqu'au 7 juin au soir, puis se place en soutien jusqu'au 10 juin. Le décrochage du 10 juin se fait sans incident. S'ensuit une retraite par étapes — lisière sud-ouest de Baâlon, bois des Caures, Bras, où l'embarquement en camion prévu est rendu impossible par l'arrivée d'éléments motorisés allemands — jusqu'au fort des Roseliers, puis Void, où la compagnie arrive le 17 juin à 2h30 avant de repartir en fin d'après-midi vers Saint-Germain-sur-Meuse.

18 juin : la mort du capitaine Lanchon

La compagnie s'installe à l'ouest de la Meuse, en avant de Saint-Germain. Les Allemands arrivent au contact et leur artillerie tire à vue. Le lieutenant Chevillotte est envoyé par le colonel porter un ordre de repli à la 7e compagnie, au contact sur le canal de la Marne au Rhin déjà franchi par les Allemands à Void ; à son retour, il apprend que la compagnie a été prise sous un tir d'artillerie violent et que le capitaine Lanchon a été tué.

Le caporal-chef Bedrich, qui se trouvait à quelques mètres du capitaine au moment de sa mort, en a laissé un témoignage détaillé, rédigé à Meknès le 3 octobre 1940 :

Sur l'ordre du sous-lieutenant Bertot, le caporal-chef Bedrich court au PC du bataillon rendre compte au capitaine Lemoine, qui venait justement de recevoir l'ordre de repli de la 5e compagnie — quatre agents de transmission envoyés depuis trois quarts d'heure n'étaient jamais parvenus jusqu'au capitaine Lanchon. La compagnie transmet alors l'ordre de repli. « La 5e Cie a été complètement anéantie », conclut le rapport.

À 11 heures, sur ordre du capitaine Lemoine, le repli est donné. La CA2 n'a alors plus un seul officier ni de voiturettes ; la 5e compagnie est très réduite, une partie de ses éléments s'étant repliés au contact du 21e RTA. La 6e compagnie est anéantie à Void. Le 2e bataillon, réduit à une trentaine d'hommes, assure la défense rapprochée du PC du colonel et se replie jusqu'au 21 juin, où l'ordre de cesser le feu est donné.

Ce qu'il restait de la 5e compagnie

Selon la fiche du lieutenant Chevillotte, il ne restait à la 5e compagnie, à l'issue des combats, que lui-même, le sous-lieutenant Bertot, et une vingtaine de gradés et légionnaires : les caporaux-chefs Cheraffedine, Bedrich, Ferrato et Meaburn, et les légionnaires Branberger, Bernstein, Lelong, Tamburini, Lewkowicz, Maka, Nicolas, Wojdyla, Lasman, Libert, Glifberg, Telesinski, Montard, Lippens, Grisius, Lopez, Soutchenko, Wezolowski et Klesinski.

Sources du récit

Carnet de l'effectif (180 fiches)

Chaque fiche du carnet est un résumé — cliquez « Voir la fiche complète » pour tous les détails (captivité, citations, sources...).