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11e Compagnie

Effectif recensé : 59 légionnaires
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Historique reconstitué à partir du compte-rendu rétrospectif du lieutenant Levacher, rédigé en décembre 1941, retraçant le parcours de la 11e compagnie depuis sa formation jusqu'à fin mai 1940, des extraits du journal de marche de la compagnie rédigés par le capitaine Lhuisset (16 avril – 15 mai 1940), et du journal de marche du 3e Bataillon, qui consigne notamment les pertes journalières de l'unité.

Formation et encadrement

À la formation du 11e Régiment étranger, la 11e Compagnie, stationnée à Béligneux, est commandée par le capitaine Duchenoy, avec les lieutenants Levacher et David. Le commandement passera ensuite au capitaine Lignez puis, à son départ en permission, au lieutenant Beaumont par intérim, avant que le capitaine Lhuisset ne prenne définitivement la tête de la compagnie à la fin du mois de mars 1940.

Décembre 1939 – mars 1940 : secteur de la Nied

La compagnie fait mouvement avec le bataillon sur Rombas les 15-16 décembre 1939, puis sur le camp d'Elzange (18 décembre – 19 janvier 1940), où elle travaille à l'organisation du terrain dans les bois environnants. Le 1er janvier, elle monte aux avant-postes : la section de commandement et les 1re, 2e et 3e sections occupent les postes d'appui 5, 2, 3 et 4 autour d'Obernaumen, tandis que la 4e section, mise à la disposition de la 9e Compagnie, tient le PA 1 vers Kirshnaumen. Le 6 janvier, les 2e et 4e sections exécutent un coup de main dans le bois du Lixembeuch.

Après un passage à Oudrenne (pose de barbelés) puis un retour au camp d'Elzange, la compagnie remonte en ligne le 17 janvier vers Kaltwiller. Fin janvier, le bataillon se regroupe sur Inglange puis Basse-Guénange. Début février, la 11e et la 10e compagnies sont envoyées à Métrich pour des travaux dans le bois de Petite-Hettange ; début mars, la compagnie gagne Lemestroff pour y construire des abris, avant de revenir vers le 20 mars à Métrich, où elle participe avec la C.A.3 à la construction d'abris et de blockhaus bétonnés. Fin mars, la compagnie est envoyée à Inglange, où se trouve le P.C. du bataillon.

16 avril – 15 mai 1940 : chantiers d'Anzeling et Hestroff

Début avril, le 3e Bataillon est envoyé à Anzeling, près de Boulay, pour établir un fossé antichar ; les groupes francs du régiment, regroupés, travaillent au profit des unités en secteur. Le journal de marche du capitaine Lhuisset détaille au jour le jour les mouvements de personnel de la compagnie durant cette période — permissions, évacuations, affectations au Groupe Franc ou à la C.A.B.3 — signe d'une période d'activité surtout administrative entre deux chantiers : celui du brisant d'Anzeling jusqu'au 20 avril, puis celui de Hestroff. Le 24 avril au soir, la compagnie quitte Anzeling et franchit la ligne Maginot peu après minuit pour rejoindre, après une étape difficile, le camp de Ban-Saint-Jean le 25 avril.

Le 30 avril, la compagnie participe à la fête de Camerone à Boulay : présentation du drapeau et défilé devant le colonel Robert, messe à la mémoire des morts de la Légion, visite des cuisines roulantes par le général et le colonel, repas de corps et séance théâtrale l'après-midi. Début mai, plusieurs légionnaires sont promus (le caporal Roger nommé sergent, plusieurs légionnaires caporaux ou 1re classe) tandis que se succèdent les mouvements de permission. Le 14 mai, la compagnie quitte le camp de Ban-Saint-Jean à 3 heures du matin, gagne Frécourt, puis embarque en camions en direction de la Meuse ; elle débarque le 15 mai à 8 heures à Houdelaincourt, où les derniers légionnaires détachés au Groupe Franc la rejoignent.

20 – 29 mai 1940 : bois d'Inor

Après une étape par Écurey (17-19 mai), le bataillon monte en ligne le 20 mai. La 11e Compagnie s'installe dans la partie ouest du bois d'Inor, sur la ligne des soutiens, avec pour mission de maintenir la liaison avec le 21e R.T.A. sur sa gauche — liaison assurée par la 4e section. Du 25 au 28 mai, cette même 4e section est détachée auprès de la compagnie Coquet du 2e Bataillon, chargée d'un secteur très étendu, avec mission d'assurer la liaison entre celle-ci et la compagnie voisine.

Le 27 mai, une violente attaque allemande se déclenche sur l'ensemble du front du 3e Bataillon, touchant en particulier le secteur tenu par la compagnie Coquet où se trouve la 4e section de la 11e Compagnie, mais aussi, selon le journal de marche du bataillon, plusieurs autres éléments de la compagnie engagés ce jour-là en soutien : au total, la 11e Compagnie déplore deux sous-officiers, un caporal-chef et un capitaine tués ainsi que six légionnaires tués, et vingt-huit blessés (un sous-officier, deux caporaux et vingt-et-un légionnaires) — la journée la plus meurtrière de toute cette période pour l'unité. Le 28 mai au matin, la 4e section rejoint la compagnie et s'installe autour du P.C. du bataillon ; dès le lendemain, elle est réinstallée en première ligne avec le reste de la 11e Compagnie, qui reprend sensiblement sa position initiale, légèrement décalée vers l'ouest, la 4e section continuant d'assurer la liaison avec le 21e R.T.A. sur l'aile droite.

Les deux comptes-rendus disponibles pour la compagnie s'arrêtent à cette date. La suite de la campagne — retraite de juin et reddition du 23 juin 1940 — n'est documentée ici, pour le régiment dans son ensemble, que par les pages consacrées aux autres compagnies (3e Compagnie, CA3, 6e Compagnie notamment).

Sources

Effectif de la compagnie (59 fiches)

59
Recensés
18
Morts pour la France
9
Prisonniers
16
Blessés
3
Évadés
TousMorts pour la FrancePrisonniersBlessésÉvadés
Nom Grade Section / affectation Statut Fiche